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Ghislain de Diesbach

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1931 – 2023. Une étoile a filé hier matin. Une étoile en majesté. La tristesse s’est soudain déposée dans les rayons de la littérature française et les arcanes de l’histoire, la grande, celle dont Ghislain de Diesbach connaissait les petites comme personne, celle que mon oncle maternel aimait narrer sous l’angle de personnages emblématiques, fantasmatiques, ayant marqué le 19e siècle et les débuts du siècle suivant, période contemporaine qu’il affectionnait, qu’il vénérait devrions-nous préciser.

Chateaubriand, Proust, Necker, Germaine de Staël, Lesseps, la comtesse de Ségur, l’abbé Mugnier, pour ne citer que les plus connus, ont été croqués avec autant de vélocité que de finesse par Ghislain de Diesbach dans de magistrales biographies qui, sentant bon la grandeur du passé, l’humour – le sien –, la dérision, la causticité parfois, n’en étaient que plus monumentales. La plume d’oncle Ghislain était son art. L’esprit, qu’il savait si bien manier, la quintessence de son génie. Lauréat de l’Académie française, félicité par de nombreux prix, oncle Ghislain me disait souvent qu’il aurait rejoint la Coupole, laquelle avait déjà hébergé notre parente Marguerite Yourcenar, si ses convictions politiques avaient été plus consensuelles. Il est vrai que, n’eût été son jugement désabusé pour ne pas dire désespéré sur ce monde si peu traditionnel qui l’embrumait, il aurait connu les honneurs.

Oncle Ghislain ressemblait aux héros de ses ouvrages et biographies. Le temps d’une narration ou d’un peu plus, il faisait corps avec eux et leur environnement, à la fois historique, socioculturel, philosophique. L’adolescent que j’étais, et que je suis resté, était fasciné par ces univers brossés à la façon d’une peinture réaliste et figurative. Par l’artiste, le philologue, je ne l’étais pas moins. Lorsque je rendais visite à mon oncle, rue de Bourgogne, non loin de l’Assemblée nationale, je souffrais beaucoup d’être intimidé par l’érudition, la spiritualité, l’exquise délicatesse de cet homme au grand cœur. Ne m’accueillait-il pas toujours au moyen d’un sourire lisible de bas en haut, sur les lèvres comme dans le regard ? « Vous êtes bien fils et petit-fils de militaire ! », ne cessait-il jamais de me répéter pour saluer ma ponctualité. Sans hésiter, n’avait-il pas accepté de préfacer en 2006 mon ouvrage Une famille à la Belle Epoque afin de mieux m’encourager ?

Lors de nos joyeuses retrouvailles, nous parlions à bâtons rompus. D’histoire, certes. De nos ancêtres aussi, de notre arbre généalogique qu’il connaissait comme sa poche, des Diesbach, Ghellinck, Vaernewyck, Bengy, de l’empereur aztèque Moctezuma dont nous descendons, de la comtesse Frédéric de Diesbach de Belleroche (1855-1925), notre grand-mère, « qui faisait une cour pressante à de vieux célibataires pour qu’ils n’oublient pas ses enfants dans leur testament ».

Mon oncle et maître, qui affirmait que « la mort n’est jamais glorieuse », a filé à l’anglaise. Il a retrouvé là-haut ses étoiles-sœurs, belles et prestigieuses. Je lui dois beaucoup.

Rodolphe de Saint Germain

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