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Histoire & Généalogie : les albums de monogrammes

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Ces albums, constitués à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle par les représentants de la noblesse française, mais aussi européenne, plus particulièrement anglaise – il est possible que la Gentry britannique ait initié la vogue des monogrammes et des chiffres dès le début du XIXe siècle, imaginant, notamment, de fort jolis Crests Monograms Albums –, demeurent aujourd’hui de véritables objets d’art autant que d’intéressantes sources iconographiques et historiques.

Par Rodolphe de Saint Germain – Tous droits réservés – Toute reproduction intégrale ou partielle de ce document sans autorisation écrite est strictement interdite.

Dédaignés, ignorés des historiens comme des généalogistes, jouissant de peu de considération en raison de leur finalité pouvant paraître futile, ces albums nous renseignent, de manière théorique et pratique, directe et indirecte, sur la noblesse et la bourgeoisie, leur sociabilité, la généalogie et l’héraldique des familles aristocratiques, mais encore, de manière plus étonnante, sur le style artistique de l’époque à laquelle ils ont été composés.

Le monogramme est formé de l’association, de l’alliance des initiales d’un nom patronymique et d’un prénom. On le qualifie comme tel lorsqu’il est gravé sur le papier. Ciselé sur le métal, il est plutôt qualifié de « chiffre ». Le goût pour le monogramme, inscription somme toute personnelle, somme toute individuelle, apparaît au début du XIXème siècle, cependant que l’individu paraît vouloir s’affranchir, en prenant conscience de son identité et de son être, sinon du groupe social auquel il appartient, du moins de la solidarité familiale et sociale qui, depuis toujours, a orienté et dirigé ses pensées mais aussi conditionné son existence. L’essor du monogramme prend sa source dans la naissance, consciente et revendiquée, de l’individualité. Les aristocrates préfèreront désormais, plus encore au terme du siècle de Victor Hugo, les monogrammes aux armoiries familiales. Argenteries, vaisselles, faire part, feuilles et carnets de correspondances, objets de la vie quotidienne deviendront les témoins de cette évolution. Ils se verront ornés, pour ne pas dire décorés de fort jolis monogrammes stylisés. Le noble s’affirmera ainsi, par la mise en exergue de ses propres initiales et plus particulièrement d’un prénom dont il n’hésite plus dorénavant à user en société, en pleine maîtrise de son être et de son temps.

Pour les aristocrates, ce temps est à une relative oisiveté. Retirés sur leurs terres depuis la Révolution française, reconstituant une sociabilité combinant – de façon antinomique il est vrai – traditions héritées de l’Ancien Régime, passablement marquées du sceau de la nostalgie, et ouverture à la modernité, ils n’ont jamais autant correspondu que durant ce siècle ponctué de révolutions et de bouleversements politiques, autant que dynastiques. Confortablement assis devant leur secrétaire, hommes et femmes se consacrent quotidiennement à la rédaction de leurs missives, nombreuses parfois, établissant une proximité, une intimité avec chacun de leurs correspondants. La lettre monogrammée traduit et dévoile, sous la plume de son auteur, les épanchements les plus profonds, les considérations les plus personnelles, les aveux d’un cœur et d’une sensibilité que les Romantiques, d’authentiques précurseurs, sont parvenus à découvrir et assumer. A l’instar d’un rideau qui dissimulerait l’épistolier de la publicité extérieure, le monogramme autorise et légitime le dévoilement, la mise à nu. Il est une signature intime, personnelle ; un bouclier protecteur. Le bouclier ne saurait toutefois se libérer de toutes contraintes sociales et héréditaires. L’individualité a ses limites. Elle n’engendre pas nécessairement l’émancipation. Dans le cas de la noblesse, les monogrammes aristocratiques sont pour la plupart surmontés d’une couronne nobiliaire, qu’elle soit princière, ducale, marquisale, comtale, vicomtale ou baronnale, ou par un heaume chevaleresque. Individu, certes, mais noble à part entière : l’aristocrate semble ainsi démontrer qu’il demeure attaché au corps social qui l’a vu naître, et dont il respecte les traditions, autant qu’à une certaine idée de primauté.

Témoins d’une histoire sociale particulière, objets d’histoire, les monogrammes le sont aussi d’art. Les collectionneurs et les chineurs l’ont bien compris qui, depuis peu, se mettent en quête de ces petites pièces gravées, lithographiées, et des albums que les nobles eux-mêmes, pour tromper l’ennui d’une oisiveté forcée, ont élégamment confectionnés afin de les réunir et de les valoriser. De couleur, ou non, les lettrines monogrammées sont tantôt anglaises, tantôt gothiques, parfois de style art nouveau puis, plus tard, d’inspiration art déco. Elles révèlent le savoir-faire des graveurs qui, en véritables artistes, les ont magnifiées, les réunissant ou les confrontant, les agrémentant de figures animalières et, plus rarement, d’une nature féconde. Elles s’inspirent des courants artistiques en vigueur et rendent compte, s’il le fallait, de la propension des nobles à s’intéresser aux modes de leur temps.

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